Stade Saint-Germain (1904-1970)
Le Stade Saint-Germain est fondé en juin 1904 à l'occasion de l'inauguration des installations sportives du Camp des Loges en forêt de Saint-Germain-en-Laye. Le premier président est Félix Boyer. Fidèle à l'U.S.F.S.A. jusqu'en 1921, le Stade est reversé en dernière division quand il rejoint la F.F.F.A. Commence alors une lente ascension vers les sommets de la Ligue de Paris.[1]
Champion de Paris en 1957, le Stade se maintient parmi l'élite amateur du CFA treize saisons durant sous la conduite de son entraîneur Roger Quenolle et de son président Henri Patrelle. Les Blancs de Saint-Germain atteignent les quarts de finale de la Coupe de France en 1969 avec l'Olympique de Marseille comme adversaire. Le match aller a lieu au Parc des Princes et le retour au stade Vélodrome et voit la logique qualification des professionnels marseillais.[2]
Voir l'article Stade Saint-Germain.
De la fusion au divorce (1970-1972)
En 1970, le Stade Saint-Germain termine 3e de son groupe de CFA et est promu en Division 2 qui devient « Open », c'est-à-dire ouverte aux clubs professionnels ou amateurs. Depuis 1933, la D2 était réservée aux clubs pros. C'est à nouveau le cas depuis 1992.
En parallèle de cette promotion sportive, gagnée sur le terrain, un projet de relance du football de haut niveau tourne en rond depuis plus de 18 mois. À quelques semaines de la reprise, le club n'a ni joueurs, ni entraîneur, ni encadrement, ni stade, ni droit de disputer un championnat après le refus logique de la Ligue d'accepter ce Paris FC directement en D1. Ce PFC avait en partie été financé par une collecte populaire et un échec signifierait le remboursement des donateurs... De plus, la FFF qui a engagé sa crédibilité dans cette histoire de relance du football de haut niveau à Paris après les dépôts de bilan du RC Paris, du Stade Français et du CA Paris, envisage mal un échec.[3]
Pressé par le temps, le PFC se tourne alors vers la D2 et l'idée de fusionner avec le Stade-Germain s'impose. Un vote a lieu au PFC le 21 mai 1970, et opte pour la fusion avec Saint-Germain. Le 30 mai 1970, la FFF publie la liste des clubs participant au prochain championnat de deuxième division : le Paris Saint-Germain FC figure sous ce nom sur cette liste au titre de la promotion du Stade Saint-Germain. Le "Paris Saint-Germain" est clairement noté comme qualifié du groupe Nord avec Creil et Cambrai.[4] Le protocole de fusion entre le Stade Saint-Germain et le Paris FC est paraphé le 10 juin 1970. Le 26 juin 1970, la fusion entre le Stade Saint-Germain et le PFC s'opère. Le Paris Saint-Germain Football Club naît de cette union. Le Conseil d'Administration extraordinaire du 26 juin porte Pierre-Étienne Guyot (ex-PFC) à la présidence du club, mais le pouvoir réel est aux mains des deux vice-présidents : Guy Crescent (ex-PFC) et surtout Henri Patrelle (ex-Saint-Germain) qui est également président de la Commission sportive, celle qui gère le football. Patrelle garde ainsi la main sur l'aspect sportif tandis que Crescent doit se contenter de questions d'intendance. À noter que Jean Djorkaeff, capitaine de l'équipe de France, rejoint le club dès le 22 juin 1970. Le premier match disputé sous le label « Paris Saint-Germain FC » est une rencontre amicale de pré-saison face à Quevilly. Les normands s'imposent 1-2 le 1er août 1970 au Stade Jean-Bouin.[5] Le 23 août 1970, le club dispute son premier match officiel sous le label PSG. Pour le compte de la première journée du championnat de France de Division 2, appelé alors « National », le PSG se déplace à Poitiers (1-1). Le 27 août 1970, publication au Journal Officiel de l'acte de constitution du PSG. Longtemps cette date fut celle de la naissance officielle du club, en tout cas celle retenue par le service communication du club.
Guy Crescent devient président du club le 4 juin 1971, mais c'est Henri Patrelle, toujours en charge du secteur sportif, qui « pilote » le club, pour reprendre le mot exact de Crescent. L'ex-président Guyot, qui nomme lui-même son successeur, se contente d'un titre de président d'honneur. Champion de France de D2. Après avoir affronté Monaco et Lille, vainqueurs des deux autres groupes du championnat, le PSG est sacré champion de France de D2 (12 juin 1971). Le PSG est donc promu en D1 dès 1971.
La publication du bilan financier de la saison 1970-71 laisse apparaître 205.200 Francs de pertes pour 1.776.950 Francs de recettes.[6] Mais promotion en D1 oblige, l'équipe fanion du PSG devient une section professionnelle. Le PSG évolua en effet avec un statut amateur jusqu'à cette date, profitant seulement du nouveau règlement « open » autorisant l'emploi de six joueurs pros ; le PSG en comptait cinq : Djorkaeff, Mitoraj, Bras, Destrumelle et Remond. Tous les autres joueurs étaient d'authentiques amateurs.[7]
La promotion parmi l'élite est saluée par la Ville de Paris qui s'engage à subventionner le PSG pour quatre saisons en fixant trois conditions : 1. que le PSG se maintienne en D1. 2. que le PSG évolue à terme au Parc des Princes. 3. que deux membres du Conseil de Paris entrent au Conseil d'Administration du PSG. Ces conditions sont acceptées par le PSG.
Le premier match en D1 du PSG a lieu le 11 août 1971. C'est une défaite 2-0 à Angers. Henri Patrelle, vice-président « actif » depuis dix-sept mois, récupère le titre de président du club le 17 décembre 1971.
À la surprise générale, le Conseil de Paris vote par 46 voix pour et 44 contre le 21 décembre 1971 une motion : la modification du nom du club en « Paris Football Club ». Si cette nouvelle condition n'est pas acceptée par le club, pas de subvention et pas de Parc des Princes... Votée en pleine période des fêtes de fin d'année, cette motion est médiatisée après sa publication dans le bulletin municipal de la Ville de Paris (24 janvier 1972). Cette publication met le feu aux poudres... Le président Patrelle négocie et offre même sa démission si le nom reste inchangé, mais la Mairie confirme sa position par courrier au club le 12 avril 1972 : « Si, d'aventure, les membres de votre association refusaient l'appellation « Paris Football Club », ou bien si les organismes de tutelle s'opposaient à cette modification, ou bien encore si votre club ne se maintenait pas en 1ère Division à l'issue de la présente saison, des modalités de remboursement échelonné pour tout ou partie de ladite subvention seraient convenues avec votre club. »[8] C'est un ultimatum au PSG, à la Ligue et à la FFF avec comme date butoir le 1er juillet 1972. Après des débats houleux, l'assemblée générale du 16 mai 1972 propose un vote sur cette question. La tension est telle, qu'on doit recompter plusieurs fois les bulletins : la motion est repoussée par une très mince majorité de trois voix. La majorité requise est de 626 voix (deux tiers des 939 suffrages exprimés) et on ne dénombre que 623 voix favorables à la modification du nom du club afin d'accepter les subventions de la Ville de Paris.[9] Le PSG ne change donc pas de nom, mais les dirigeants de l'ex-PFC ne renoncent pas.
Trois jours après le vote confirmant le maintien du nom du club, le PFC annonce sa sécession. Cette action peut sembler curieuse, mais la FFF et la Ligue cèdent à la volonté de la Mairie de Paris en accordant toutes les dérogations nécessaires à une telle démarche. Le PFC récupère ainsi l'équipe professionnelle, tandis que le PSG conserve toutes ses équipes amateurs. Le PSG repart en 1972 en D3, là où évoluait jusque là sa réserve. Le 23 mai 1972, France Football publie un dossier de deux pages sur la question « Paris, où vas-tu? » Patrelle se déclare « éc½uré » : « Je pars éc½uré. Dans cette affaire nous sommes très loin du football. Trop de problèmes politiques sont venus salir notre sport. » De l'autre côté, Guyot et Crescent promettent que le PFC sera « une grande équipe pour la capitale »...[10]
Le 24 mai 1972, le divorce entre le PFC et le PSG est entériné par le Conseil d'Administration du PFC et paraphé par MM Guyot, Crescent et Patrelle. Patrelle signe cet accord en qualité de « président du Paris Saint-Germain FC », les deux autres signataires en qualité de président et vice-président du « Paris FC ». L'article 1 précise : « L'activité de la section professionnelle se poursuivra sous une forme juridique différente et sous l'appellation de Paris Football-Club ». L'article 3 : « Paris Saint-Germain FC conservera ses droits pour la saison 1972/1973 sur tous les joueurs amateurs licenciés au cours de la saison 1971-72. » L'article 10 : « Ces modalités n'entreront en application que si la FFF et le GPF en prennent acte et accordent les dérogations sollicitées. »[11] Ces dérogations fédérales seront évidemment accordées. Ce texte est entériné le 20 juin 1972 suite au feu vert fédéral accordé le 12 juin 1972. Tous ces textes, procès verbal de l'assemblée générale extraordinaire du 16 mai inclus, sont publiés dans le numéro 8 (juin 1972) de la revue mensuelle "Paris Saint-Germain Football Club" rebaptisée "Paris Football Club" depuis mai 1972.
Robert Vicot hérite du poste d'entraîneur. Respectant l'esprit du vote du 16 mai réclamant le statu quo, le président Patrelle décide en juin 1972 de conserver le nom de « Paris Saint-Germain FC » inchangé. Afin de ne pas être attaqué en justice par la Ville de Paris pour utilisation abusive du nom de Paris dans le nom du club, le siège social du PSG est transféré au 5 place de Valois (Paris Ier), siège de la Ligue de Paris de Football. 95% des supporters suivent le PFC en D1, et seulement deux sections restent de fait fidèles au PSG en D3 : les 1er et 2e secteurs de Saint-Germain-en-Laye.