"Commettre un crime"
C'est donc dans le Stade du Dragaõ à Porto que Pauleta est entré dans la légende. A la 20e minute exactement. Son onzième but dans ces éliminatoires - ce qui en fait aussi le meilleur buteur - est arrivé sur une passe de Figo. Et ce moment, il l'attendait depuis longtemps, le redoutait même. "C'était un objectif et j'ai dépassé mon anxiété. Je dédie ce record à ma femme Sandra, à mes enfants et à toute ma famille. Ils savent combien c'est important pour moi de revêtir ce maillot et de marquer des buts quand je le porte. D'ailleurs, j'ai gardé celui de mercredi."
L'avant-centre du PSG a aussi tenu à réagir à certains articles parus dans la presse lusitanienne qui ne voulait pas envisager qu'un autre qu'Eusebio puisse détenir ce record. Surtout celui qui n'a pas su marquer lors de l'Euro 2004, à domicile. "Je suis un peu triste d'avoir vu certains commentaires dévaloriser ce que j'ai réussi avec la sélection nationale. Certaines personnes ont écrit des choses que je ne comprends pas. On dirait que j'allais commettre un crime si je passais la barre des 41 buts". En tout cas c'est un grand moment de bonheur et de satisfaction".
"Un grand Mondial"
Lucide, celui qui a démarré aux Açores, puis est passé à Porto avant de migrer sous les cieux espagnols et français, sait qu'il ne restera pas comme la référence. "Eusebio restera toujours Eusebio et je n'ai marqué qu'un but de plus que lui finalement. Il restera le n°1 dans l'esprit des Portugais. Tout le monde l'aime et l'admire." Une vérité difficile à contredire tant l'ancienne gloire est un mythe au Portugal avec sa Coupe des Champions, ses 10 titres et 6 Coupes avec Benfica, plus de 500 buts au compteur, un ballon d'or (1965) et une troisième place à la Coupe du Monde 66 où il termina meilleur buteur (9 buts).
Mais si Pauleta porte parfois l'étiquette d'un individualiste et traîne cette réputation comme un boulet au Portugal, il privilégie avant tout l'intérêt de l'équipe. "Le plus important, ce n'est pas mon record, c'est que l'équipe donne une bonne image d'elle-même et que nous travaillions pour faire un grand mondial". Avant d'avoir une dernière pensée pour un ancien buteur portugais. "Je voudrais dire aussi un mot à Monsieur José Torres qui lutte actuellement contre la maladie. Je lui dédie aussi mes buts, parce qu'il a aussi beaucoup fait pour le football portugais." La preuve, s'il en fallait, qu'avant d'être un chasseur de buts, Pauleta est un homme de coeur.